

3rd Riyadh World Conference on the Labor Market, Riyadh, January 26, 2026
Excellencies,
Ladies and Gentlemen,
First of all, I would like to extend my greetings and sincere thanks to the Custodian of the Two Holy Mosques, His Majesty King Salman bin Abdulaziz Al Saud, and to His Royal Highness Crown Prince Mohammed bin Salman, for their kind invitation to this 3rd World Conference on the Labor Market.
This gathering is an excellent initiative, timely as we stand at a pivotal moment in our collective history a turning point where numerous technological, economic, and social transformations are profoundly reshaping our relationship with the values that govern work and vocational training.
A question that appears simple, yet is complex and essential, arises: that of expanding access to knowledge through artificial intelligence.
It involves two simultaneous dynamics.
On the one hand, artificial intelligence undeniably broadens access to knowledge. It increases productivity, disseminates information on a large scale, reduces language barriers, and accelerates the circulation of knowledge by enabling everyone to learn at their own pace. This represents considerable progress.
On the other hand, however, a real and growing risk is emerging: the weakening of foundational learning among beginners. By delegating too much too early to machines, advanced technology may undermine initial learning, reduce personal effort, intellectual curiosity, and critical reasoning.
In my view, the real challenge is not to choose between these two dynamics, but to balance them intelligently: to fully harness the openness offered by AI while firmly strengthening the foundations of education and training, so that technological tools remain a lever for progress rather than a substitute for human potential.
Technological transformations are comparable to a double-edged sword. They create immense opportunities but also profoundly disrupt our reference points and work models.
The real issue is not to resist technology. Progress cannot be stopped. The real issue is to master progress so that it serves human advancement. AI can increase productivity and ease certain tasks, but it will never replace human intuition, responsibility, ethics, and experience.
The ongoing technological revolution reminds us of the wisdom of the ancients, particularly this maxim by François Rabelais: “Science without conscience is but the ruin of the soul,” meaning that ethics, morality, and responsibility must guide scientific and technological advances.
Public policies must place greater emphasis on practical training, workplace learning, and mentorship. Governments and businesses share a common responsibility to collaborate in developing dual training systems, giving beginners a real chance to succeed, and supporting professional retraining.
Finally, in line with the recommendations of the International Labour Organization, the human being must remain at the center of work.
To respond to one of the key questions at the heart of our conference, I would say that if I had to change only one thing in the design of jobs or training systems, I would choose to place training at the very core of all frameworks, with a strong emphasis on ethics, free will, and a sense of responsibility.
In this way, we could inspire young people with a genuine desire to learn and give them the opportunity to use artificial intelligence with discernment subjecting it to the scrutiny of reason and human intelligence for a better future of the labor market.
Thank you for your kind attention.




A l’aimable invitation des autorités saoudiennes, SEM le Président Macky Sall a pris part à la 3e édition de la Conférence mondiale sur le marché du travail, tenue à Riyadh, Arabie Saoudite, les 26 et 27 janvier 2026.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Avant tout propose, j’aimerais saluer et remercier le Serviteur des Deux Saintes Mosquées, Sa Majesté le Roi Salman ben Abdelaziz Al Saoud, et Son Altesse Royale le Prince Mohammed ben Salman, pour leur aimable invitation à cette 3e Conférence mondiale sur le marché du travail.
Cette rencontre est une excellente initiative qui vient à son heure, alors que nous sommes à un moment crucial de notre histoire collective, un moment de bascule où les nombreuses mutations technologiques, économiques et sociales, redessinent profondément notre rapport aux valeurs qui gouvernent le travail et la formation professionnelle.
Une question d’apparence simple, mais complexe et essentielle se pose : celle de l’élargissement de l’accès au savoir grâce à l’intelligence artificielle.
Elle met en jeu deux dynamiques simultanées.
D’un côté, l’intelligence artificielle élargit incontestablement l’accès au savoir. Elle accroit la productivité, dissémine l’information à grande échelle, réduit les barrières linguistiques et accélère la circulation des connaissances en permettant à chacun d’apprendre à son rythme. C’est un progrès considérable.
Mais de l’autre côté, un risque réel se dessine et s’accentue : celui d’une fragilisation de l’apprentissage chez les débutants. À force de trop déléguer trop tôt à la machine, la technologie avancée affaiblit l’apprentissage initial, réduit l’effort personnel, la curiosité intellectuelle et le raisonnement critique.
A mon sens, le véritable défi n’est pas de choisir entre ces deux dynamiques, mais de les équilibrer de façon intelligente : tirer pleinement parti de l’ouverture offerte par l’IA, tout en renforçant solidement les bases de l’éducation et de la formation afin que l’outil technologique reste un levier de progrès et non un substitut aux potentialités humaines.
Les mutations technologiques sont comparables à une arme à double tranchant. Elles créent des opportunités immenses, mais bousculent profondément nos repères et nos modèles de travail.
Le véritable enjeu n’est pas de résister à la technologie. On ne peut pas arrêter le progrès. Le véritable enjeu consiste à apprivoiser le progrès et pour qu’il serve le progrès humain. L’IA peut accroître la productivité et alléger certaines tâches, mais elle ne remplacera jamais l’intuition, la responsabilité, l’éthique et l’expérience humaines.
La révolution technologique en cours nous rappelle la sagesse des anciens, notamment cette maxime de François Rabelais : science sans conscience n’est que ruine de l’âme ; signifiant par-là que l’éthique, la morale et la responsabilité doivent guider les avancées scientifiques et technologiques.
Les politiques publiques doivent valoriser davantage la formation pratique, l’apprentissage en milieu professionnel et le mentorat. Les États et les entreprises ont la responsabilité commune de collaborer pour développer la formation duale, donner des chances de réussite au débutant et accompagner les reconversions professionnelles.
Enfin, conformément aux recommandations de l’Organisation internationale du Travail, l’humain doit rester l’acteur central du travail.
Pour répondre à l’une des questions au cœur de notre conférence, je dirais que si je devais changer une seule chose dans la conception des emplois ou des formations, je choisirais de placer la formation au cœur de tout dispositif, en insistant sur l’éthique, le libre arbitre et le sens de la responsabilité.
C’est ainsi que nous pourrions donner aux jeunes le goût d’apprendre et la chance d’utiliser l’intelligence artificielle avec discernement, en la soumettant à la critique de la raison et de l’intelligence humaine, pour un meilleur devenir du marché du travail.
Je vous remercie de votre aimable attention.
