

Ladies and Gentlemen,
Dear Friends,
First, allow me to thank our friend Rovshan Mudarov for his kind invitation. I would also like to congratulate the authorities of Azerbaijan for the inclusive spirit of the Baku Forum, and for the theme of this year’s edition, whose relevance speaks for itself in light of the current state of the world.
Conflicts and geopolitical tensions persist.
Economic vulnerabilities are deepening.
Global challenges especially those related to climate, health, and technology are becoming increasingly complex.
Confidence in collective action is eroding, and the effectiveness of the multilateral system is increasingly being questioned.
Yet despite these difficulties, I firmly believe that multilateralism remains the best framework for addressing challenges that go beyond the capacities of individual nation-states.
The current crisis only makes one thing clearer: we need more dialogue, not less. We need dialogue to find common solutions to our shared problems within the framework of a renewed and pragmatic multilateralism.
In my view, responding to the crisis of multilateralism and rethinking global cooperation requires three major priorities.
First, we must promote an integrated approach to peace, security, and development.
There can be no lasting peace without inclusive development.
And development cannot be sustainable in a context of conflict and instability.
Strengthening the foundations of peace therefore requires better crisis prevention, more efficient peace operations, and stronger coordination between the United Nations and regional organizations and mechanisms.
At the same time, development cooperation itself needs to evolve.
Public development aid remains valuable as an instrument of solidarity, particularly in sectors such as education and health. But aid is limited in scale and often slow in its procedures, while development requires massive and urgent investment.
For this reason, we need a shift in paradigm one that places greater emphasis on partnerships based on investment and trade, in order to foster shared growth and shared prosperity.
Second, we must revitalize multilateralism.
This is essential if we want to restore confidence in the system through a diplomacy based on dialogue, listening, and compromise.
Dialogue, listening, and compromise can only flourish within a renewed and inclusive multilateral framework, capable of reconciling different perspectives, bridging distant positions, and promoting negotiated solutions.
This is why reforming the multilateral system especially the United Nations is so important in order to strengthen its operational effectiveness.
This reform should aim to rationalize field operations, avoid duplication, and modernize working methods, including through greater use of technological tools to optimize the use of financial resources.
Third, and finally, we must place people back at the center of multilateralism.
Reducing inequalities, empowering women, and investing in youth must remain central priorities of the international agenda, because women and young people together represent more than half of humanity.
In conclusion, rethinking global cooperation in a time of crisis for multilateralism reminds me of the attitude of a good doctor when facing a patient with a fever.
A good doctor knows that breaking the thermometer will not make the fever disappear. The real task is to treat the illness that causes the fever.
Likewise, the solution to the crisis of the multilateral system is not fragmentation.
The real solution is to revitalize multilateralism to preserve its unity, strengthen its credibility and moral authority, improve its effectiveness, and adapt its mechanisms to the realities of today and tomorrow.
Thank you.
Intervention de S.E.M. Macky Sall au panel « Le multilatéralisme en crise : repenser la coopération mondiale » – Forum de Baku 2026

Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
J’aimerais d’abord remercier notre ami Rovshan Mudarov pour son aimable invitation, et féliciter les autorités d’Azerbaïdjan pour l’esprit inclusif du Forum de Baku et le thème de cette édition dont la pertinence est suffisamment révélatrice de l’état du monde.
Les conflits et les tensions géopolitiques persistent. Les vulnérabilités économiques s’aggravent. Les défis globaux, notamment climatiques, sanitaires et technologiques deviennent de plus en plus complexes.
Comme pour ne rien arranger, la confiance dans l’action collective s’érode et l’efficacité du système multilatéral est mise en cause.
Malgré tout, je pense que le multilatéralisme reste le meilleur cadre pour apporter des réponses collectives aux défis dont la prise en charge dépassent les capacités de l’Etat-Nation.
La crise actuelle rend encore plus évidente la nécessité de dialoguer pour trouver des solutions communes à nos problèmes communs, dans le cadre d’un multilatéralisme rénové et pragmatique.
À mon sens, face à la crise du multilatéralisme, repenser la coopération globale demande trois exigences majeures :
Première exigence : développer une approche intégrée de la paix, de la sécurité et du développement. Il ne peut y avoir de paix durable sans développement inclusif ; et le développement ne peut être viable dans un contexte de conflits et d’instabilité.
Mieux asseoir les bases de la paix suppose une meilleure prévention des crises, la rationalisation des opérations de paix, et une articulation renforcée entre l’action des Nations Unies et celle des organisations et mécanismes régionaux.
En même temps, il faudrait certainement repenser la coopération pour le développement. L’aide publique est certes appréciable comme instrument de solidarité en soutien à des secteurs comme l’éducation et la santé.
Mais l’aide est limitée en volume et souvent lente dans ses mécanismes de conception et de mise en œuvre, alors que le développement nécessite des financements urgents et massifs.
Je pense qu’il est donc nécessaire de changer de paradigme en organisant davantage la coopération autour du partenariat par l’investissement et le commerce pour une croissance et une prospérité partagées.
Deuxième exigence : revitaliser le multilatéralisme. C’est une condition indispensable pour restaurer la confiance dans le système par une diplomatie du dialogue, de l’écoute et du compromis. Le dialogue, l’écoute et le compromis ne sont possibles que dans un cadre multilatéral rénové et inclusif, qui joue un rôle de facilitateur pour concilier des points de vues divergents, rapprocher des positions éloignées et promouvoir des solutions concertées.
D’où l’importance de la réforme du système multilatéral, en particulier les Nations Unies, pour renforcer son efficacité opérationnelle.
Cela veut dire qu’il faut rationaliser les interventions sur le terrain, éviter les duplications et moderniser les méthodes de travail en recourant davantage aux moyens technologiques pour optimiser l’utilisation des ressources financières.
Troisième exigence, enfin : replacer l’humain au cœur du multilatéralisme. Pour ce faire, la réduction des inégalités, l’autonomisation des femmes et l’engagement en faveur de la jeunesse doivent rester des priorités élevées de l’agenda international, parce que les jeunes et les femmes constituent plus de la moitié de l’humanité.
Pour conclure, je dirai que pour repenser la coopération mondiale dans un multilatéralisme en crise, nous devons agir comme le bon médecin devant un patient qui souffre de fièvre. Le bon médecin sait que ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’il fera disparaitre la fièvre ; mais plutôt en soignant le mal à l’origine de la fièvre.
De même, la solution de la crise du système multilatéral ne réside pas dans sa fragmentation. Il faut plutôt le revitaliser pour préserver son unité, renforcer sa crédibilité et son autorité morale, améliorer son efficacité et adapter ses mécanismes aux réalités actuelles et futures.
Je vous remercie.
